La lumière

On nous dit : Tu es poussière et tu redeviendras poussière. C’est vrai.
Mais plus important, plus vrai, tu es lumière, nous sommes lumière.
Restons dans la lumière.
Voici mes inspirations du jour :

De Shabkar, maître tibétain du XIXe siècle :

Pur, lumineux, éveillé,
À jamais éveillé et transparent.
Laisse ton esprit au repos,
Ouvert et sans attache.
Puisse la sagesse de la vacuité se manifester,
Immaculée et transparente comme le ciel.

Et de Shams de Tabriz :
Ne tente pas de résister aux changements qui s’imposent à toi. Au contraire, laisse la vie continuer en toi. Et ne t’inquiète pas que ta vie soit sens dessus dessous. Comment sais –tu que le sens auquel tu es habitué est meilleur que celui à venir ?
Bon dimanche


Entre les deux rives

Yama
Outre ahimsa : la non-violence, yama inclut satya : la vérité, asteya : ne pas voler, ne pas prendre, brahmacarya : continence, modération et finalement, aparigraha : absence d’avidité, liberté face aux désirs.
Les deux premiers principes énoncés, non-violence et vérité peuvent aussi être des guides précieux dans la pratique des asana. B.K.S. Iyengar évoquait fréquemment ces deux principes et disait que toujours, dans la pratique, on devait s’assurer de rester entre les rives de ahimsa et satya. Reconnaître dans notre pratique l’état de notre corps et de notre mental, apprendre à observer et tenir compte de nos observations, tout cela nous permet d’évoluer à l’intérieur des rives de ahimsa et satya. Comment trouver la vérité, l’honnêteté dans la posture. D’abord, il faut observer, voir, sentir. Par exemple, ai-je bien aligné mes pieds, le poids du corps est-il réparti également, est-ce que j’utilise également les deux côtés de mon corps? Une fois que j’ai observé une faiblesse, une asymétrie, quelle sera mon attitude? Rester là ou ajuster, corriger? Rester là implique un laisser-faire, qui a plus à voir avec la violence qu’avec la non-violence. Il faut du courage pour changer et le yoga nous aide à développer ce courage.
Quand la droite et la gauche sont intégrées, on se trouve en présence de la vérité. La véritable non-violence, c’est cet équilibre entre les deux dit B.K.S. Iyengar
Gandhi disait qu’il faut chercher l’étreinte de la vérité. « Ahimsa (non-violence) est le moyen, satya (vérité) est le but. La vérité doit constituer le cœur de notre activité. Dès qu’elle est débarrassée des toiles d’araignées de l’ignorance, la vérité brille avec éclat ». Ghandi.
Mon professeur Faeq Biria, racontait l’histoire suivante :
Vous êtes dans un grenier, dans l’obscurité. Quelqu’un vient et allume. Tout à coup vous voyez ce qui vous entoure ; des trésors oubliés peut-être mais surtout la poussière, les toiles d’araignées, les araignées… Que faire alors? Peut-on éteindre et faire comme si on n’avait rien vu?
Dans la pratique comme dans la vie, avançons, impeccables, entre les rives de ahimsa et satya.
Soyons braves.
Prenez soin de vous et des vôtres.
Respirez.
À bientôt


Ma troupe d’acteurs

L’arrêt des fluctuations du mental…
On l’expérimente devant la beauté de la nature, un coucher de soleil, une œuvre d’art. Un instant. Il nous sort de nous-mêmes ou plutôt il fait disparaître tout l’accessoire en nous. Pour un instant je ne suis que témoin. J’expérimente la totale présence.
Quand j’ouvre la bouche pour dire que c’est beau, c’est déjà différent.
Je suis redevenu quelqu’un. Qui?
Qui a parlé?
Est-ce un des locataires?
Les locataires en nous. Même Mafalda a parlé « du locataire à l’intérieur »
Ils peuvent être nombreux….celui qui sait, celui qui doute, celui qui juge, l’enfant inconsolable, l’orphelin, l’inquiet, celui qui veut plaire, le blasé, le revenu de tout. Il y a aussi le studieux, le généreux, le compatissant, le joyeux, et autres.
Chacun de nous a sa propre compagnie d’acteurs. Chacun d’eux aimerait avoir le premier rôle.
Et on sait que chaque locataire veut être propriétaire.
Certains parlent plus fort que d’autres. Difficile de les faire taire.
La pratique du yoga nous aide à faire la paix.
Elle nous ramène au centre.
Tranquille et paisible, je peux décider à qui donner la parole et qui vaut la peine d’être écouté. Celui-là n’empêche pas la lumière d’entrer.
À bientôt


Mais voilà….


Mais voilà….

Nous avons vu dans le sutra I.3 que lorsque les mouvements du mental cessent, l’âme, notre essence, notre flamme intérieure (le témoin radieux dit B.K.S. Iyengar) peut resplendir et illuminer notre être. Mais….Patanjali nous dit ensuite :

I.4 Vrtti sarupyam itaratra

Autrement, le témoin s’identifie aux fluctuations du mental

Vrtti : fluctuation
Sarupyam : identification
Itaratra : autrement, à d’autres moments

Lorsque le témoin s’identifie aux fluctuations du mental (pensées, émotions), il s’unit à ces fluctuations, oublie sa conscience radieuse et n’irradie plus sa lumière.

La conscience (le mental) peut être comparée à une lentille optique dirigée vers une source de lumière. La surface supérieure de la lentille est obscurcie quand nous nous identifions à nos pensées ou à nos émotions.
L’eau calme laisse voir le trésor au fond de l’eau alors que l’eau agitée nous empêche de voir le fond.

Ah les pensées….
On s’identifie avec la pensée
On devient la pensée
On perd la distance, le détachement, on perd le pouvoir.
On peut regarder la pensée mais garder un peu de distance…
On peut regarder la pensée, mais on ne doit pas garder la pensée. On ne doit pas s’y attacher
Ne pas devenir la pensée
Si vous étiez une ville, dit Guruji, laisseriez-vous entrer dans votre port un bateau plein de matières toxiques ? De la même façon, pourquoi laisser une pensée toxique entrer dans votre esprit ?

Tout cela devient source de souffrance et nous avons peur.
Si tu as peur de souffrir, dit un proverbe soufi, tu souffres déjà.

La pratique du yoga nous aide à tant de niveaux. Elle est bénéfique pour tous les organes et systèmes de notre corps. Elle permet à l’énergie de mieux circuler.
Elle permet à la lumière de circuler.

À suivre….


Aujourd’hui

Les textes de yoga, ici les Yoga Sutra de Patanjali, peuvent nous allumer, susciter notre réflexion et nous donner du courage tous les jours. On observe facilement et rapidement les effets de la pratique du yoga. On se sent mieux, on a une meilleure posture, on respire mieux. Si on souhaite aller plus loin et profiter des écrits du yoga, les sutra I.2 et I.3 sont de véritables perles
I.2 Yogah cittavrtti nirodhah
Le yoga c’est l’arrêt des mouvements de la conscience.
Yogah : l’union depuis la couche la plus externe jusqu’à l’être le plus intime, l’âme
Citta : conscience, mental
Vrtti : fluctuations, mouvements
Nirodhah : cessation

I.3 Tada drastuh svarupe avasthanam
Alors, l’âme demeure dans sa propre splendeur
Tada : alors
Drastuh : âme, essence
Svarupe : sa vraie nature, sa propre majesté
Anusthanam : irradie, demeure, réside

Voilà vers quoi tend la pratique du yoga. C’est la route qui mène vers ce moment, cet instant, cet endroit ou notre âme, notre être intime, notre essence irradie en nous.
C’est l’instant ou nous revenons à nous-mêmes. L’instant ou nous nous révélons.
C’est l’instant, l’endroit, le moment ou notre beauté et notre bonté se manifestent dans toute leur simplicité et dans toute leur grandeur.
Bonne pratique!
À bientôt