Inspirant

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Nous avons parlé l’autre jour de l’expiration. Mais avant de pouvoir expirer, il faut inspirer.
Inspiration.
Geste capital qui ne peut se produire pleinement que si la poitrine est ouverte.

La posture influence la respiration. Quand le dos s’arrondit, quand le corps s’affaisse, la poitrine se ferme. Il faut rester conscient de sa posture pour se redresser si nécessaire. Bien sûr, la pratique des asana nous apprend à garder la colonne vertébrale longue, les épaules larges, la poitrine ouverte. Ainsi, nous sommes disponibles.
La posture du corps influence la posture mentale. L’inverse est aussi vrai.
Le cinquième membre du yoga est pranayama, la régulation du souffle. L’apprentissage du pranayama doit se faire auprès d’un professeur.
On peut cependant faire la toute première étape qui consiste à observer les mouvements de la respiration. Peu à peu ces mouvements deviennent calmes et doux. En observant les mouvements du souffle, on apprend à rester dans le présent. L’activité mentale s’apaise et pendant ce temps, les émotions ou les pensées ne peuvent plus nous contrôler. Le mental devient plus stable.
Observez l’inspiration, laissez la devenir subtile et lente.
Inspirez, goûtez le souffle.
Inspirez comme si vous respiriez le parfum très délicat d’une fleur.
Accueillez le souffle comme on accueille un invité précieux.

Inspirer. Être inspirant.
La poitrine ouverte, laisser la vie nous inonder.
La confiance croît. L’esprit devient disponible à l’intuition, à la création, à la vie.
Inspirez.
Soyez inspirants

À bientôt


Souffler

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Pour la première fois, au sutra I.34, Patanjali nous parle de la respiration, toujours dans l’idée de nous donner des moyens pour faire face aux obstacles et atteindre cittaprasadana, le rayonnement serein de la conscience.
I.34 Pracchardana vidharanabhyam va pranasya
On parvient aux mêmes effets (rayonnement serein de la conscience) en maintenant l’état de recueillement ressenti lorsqu’on fait des expirations douces et régulières suivies de rétention passive.
Pracchardana : expiration
Vidharanabhyam : arrêt, rétention
Va : ou bien, aussi
Pranasya : respiration, souffle.

On ne dira jamais assez l’importance de poser notre attention sur le souffle. Le premier signe de vie du nouveau-né est l’inspiration et le dernier signe de vie avant la mort est l’expiration. C’est un lieu commun de dire que la respiration, c’est la vie. Hélas, comme nous l’oublions facilement…
Le souffle, c’est le cadeau de la vie. Il nous visite et repart. On ne le possède pas. C’est notre nourriture la plus précieuse mais elle ne nous appartient pas. Je peux dire voici ma pomme, voici mon idée, mais je ne peux pas dire voici mon air…Le souffle ne s’installe pas en nous et ne laisse pas d’empreinte. Il nous nourrit et nous nettoie et s’en va. Avant de revenir.
Poser l’attention sur le souffle, c’est se rappeler que nous sommes vivants. Gratitude.

Dans le sutra I.34, Patanjali nous parle d’expiration.
Petite pratique :
Je suggère de vous allonger sur le dos, idéalement avec un support sous le dos pour ouvrir la poitrine (une ou deux couvertures ou un traversin). Supporter la tête. (Si le bas de dos est sensible, placez un rouleau sous les genoux).
Prenez quelques instants pour vous détendre. Laissez chaque partie du corps se détendre.
Ensuite, commencez à observer le souffle. Observez son mouvement dans le corps.
Observer le mouvement de l’inspiration, observez le mouvement de l’expiration.
Observer le moment ou l’inspiration s’achève et observez le moment ou l’exspiration commence.
Observez le moment ou l’expiration s’achève et observez le moment ou l’inspiration commence.
Quand vous êtes dans ce moment ou l’expiration s’achève, avant que l’inspiration ne commence, abandonnez-vous. Puis, laissez l’inspiration se faire. Et, à nouveau, à la fin de l’expiration, abandonnez-vous.
Répétez cette respiration quelques fois. Sans forcer quoi que ce soit. Le souffle reste doux, subtil et s’allongera peu à peu. (Vous devez observer plus que faire).
Ensuite, détendez-vous complètement quelques instants en laissant la respiration se faire d’elle-même.
Voilà une façon simple de reprendre contact avec le souffle.

Pour quelques instants, plutôt que d’oublier le souffle et de l’obliger à suivre le rythme de notre activité physique, psychologique ou mentale, revenons au souffle et alignons-nous avec lui..
Selon Prashant Iyengar, comme l’eau dissout le sel ou le sucre, le contrôle du souffle peut dissoudre les défauts du mental. L’ego aussi se dissout.
« À l’expiration, nous cessons d’être quelqu’un (alors qu’en inspirant, nous redevenons quelqu’un). Demeurer un moment dans cette dissolution permet de dénouer des nœuds.. » Bouchart D’Orval.

Gratitude envers le souffle.
Gratitude envers la vie.


Où aller?

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Patanjali nous a parlé aux sutra I.30 et I.31 des obstacles qui se présentent sur la route, obstacles qui mènent à cittaviksepa, un mental perturbé, fluctuant, instable. Au sutra I.33, il nous guide vers cittaprasadanam, le mental clair, serein, calme, apaisé.
I.33 Maitri karuna mudita upeksanam sukha duhkha punya apunya visayanam bhavanatah cittaprasadanam

Maitri : amitié, bienveillance
Karuna : compassion
Mudita : joie
Upeksanam : indifférence
Sukha : bonheur
Duhkha : malheur, souffrance
Punya : vertu
Apunya : vice
Visayanam : concernant un objet, envers
Bhavanatah : entretenir, développer, cultiver
Cittaprasadanam : rayonnement serein de la conscience, sérénité

Pour que la sérénité rayonne en nous, il faut cultiver l’amitié, nous réjouir avec ceux qui sont heureux, être compatissants avec ceux qui souffrent, se réjouir devant la vertu et être indifférents devant le vice.

Évoquant maitri – amitié, karuna – compassion, mudita – joie, upeksanam – indifférence, B.K.S. Iyengar (La voie de la paix intérieure) parle des qualités saines et guérisseuses de la conscience.
Saines et guérisseuses.
Saines et guérisseuses
« Ces Cinq Qualités Saines et Guérisseuses sont comme un baume dont nous pouvons frictionner notre peau et qui, progressivement, pénètre l’épiderme, les muscles, les fibres, et soulage la douleur en profondeur ». B.K.S. Iyengar.
Prenez soin de vous,
À bientôt.


Les valeurs sûres

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En temps de crise, dit-on, il faut revenir aux valeurs sûres.
Avec la pratique du yoga, nous construisons. Nous créons de l’espace en nous. Un espace de paix, de stabilité et de sagesse qui sera disponible pour nous. Voilà notre valeur sûre.
B.K.S. Iyengar a beaucoup parlé d’espace, de symétrie et d’alignement. Sans alignement correct un édifice s’effondre. Voici ce qu’il nous dit dans La voie de la paix intérieure :
« Gaudi, le grand architecte catalan, disait que l’architecture était une relation créatrice entre la sensualité de la nature et l’austérité de la géométrie. C’est un thème que l’on retrouve dans la pratique du yoga. Mes tentatives systématiques d’imposer la symétrie dans les postures d’asana expriment cette relation. Et comme pour l’architecte, le concept d’espace est fondamental. Un vase, comme un édifice, comme un corps, a deux espaces – celui qu’il contient et celui qui l’entoure. Lorsque nous commençons asana, nous sommes préoccupés de la forme de la posture, c’est-à-dire de ce dont nous avons l’air dans un miroir; en d’autres termes, de l’espace que nous excluons. Nous devrions dès maintenant nous soucier de l’espace que nous incluons, l’espace intérieur, car c’est principalement lui qui donne à l’asana sa vraie vie et sa vraie beauté. L’idée est donc de créer de l’espace intérieur. On appelle cela yoga svarupa – le soi qui assume sa forme parfaite au moyen du yoga, et on le réalise grâce à la distribution intérieure de l’espace ».
Quand un obstacle surgit, quand le doute surgit, que nous sommes indécis, confus, notre refuge sera toujours cet espace de paix, de stabilité et de sagesse.
Et la pratique sera toujours là pour nous aider à revenir au port et à retrouver cet espace de liberté.

À bientôt